Premier rapport sur la situation aux Abricots rédigé pour la fondation paradis des indiens

14612536_10210660904704918_3414911518178022770_oConsultez ci-dessous le premier rapport établi sur place pour le compte de la fondation paradis des indiens par David Miller, conseiller consulaire de France en Haïti et son équipe :

  • Récit des évènements
  • État des lieux des dégâts et victimes
  • Stratégies d’aide aux population et de reconstruction établies par la Fondation Paradis des Indiens

Cliquez : fpdi-etat_situation_cyclone_matthew_strategie_fpdi_12oct

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Haiti : les victimes de Matthew face à de nouvelles inondations

Nouvel appel à la solidarité

Témoignages.re / 26 octobre 2016

Haïti est loin d’en avoir fini avec les conséquences du passage du cyclone Matthew. Des pluies torrentielles se sont abattues sur le pays, alors que plus de 1,25 million de personnes sont toujours dans le besoin d’une aide humanitaire. Un communiqué publié hier par Handicap International fait le point sur la situation.

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Le Cyclone Matthew a frappé Haiti causant des dommages importants dans les villes de Jeremie et les Cayes, à l’ouest du pays. Photo : ONU/MINUSTAH/Logan Abassi

Paris, le 25 octobre 2016. Suite au passage du typhon Matthew, qui a frappé Haïti le 4 octobre dernier, le pays doit faire face à la plus grande urgence humanitaire depuis le séisme de 2010. Des pluies diluviennes se sont abattues sur le département du Sud dans la nuit du 20 au 21 octobre, provoquant des inondations catastrophiques et fragilisant encore davantage les populations affectées. Handicap International intervient auprès des victimes de la catastrophe.

La situation dans le Sud-ouest et le Nord-ouest d’Haïti est dramatique. Trois semaines après le passage de l’ouragan Matthew, 1.25 million de personnes ont toujours besoin d’une aide humanitaire. Plus de 146 000 maisons ont été détruites, endommagées ou inondées, et plus de 175 000 personnes ont été déplacées dans 224 centres d’évacuation temporaires [1]. De plus, dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 octobre, des pluies torrentielles se sont abattues sur le département du Sud, qui avait déjà été fortement affecté par le typhon Matthew. Les terres sont inondées et de nombreuses routes sont complètement bloquées. Les populations, qui avaient déjà perdu leurs plantations et leur maison, doivent faire face à une nouvelle catastrophe.

Handicap International a mis en place une première équipe mobile qui intervient dans les hôpitaux et dans les abris collectifs, dans le département du Sud. L’association évalue la situation des populations affectées, qui reste très problématique. Louisema Tilfa, maire de Chardonnière, commune du département du Sud, explique : « 32 écoles sur 34 sont endommagées. Toutes les maisons sont presque détruites, y compris la mairie. Les 69 abris provisoires sont constitués avec les quelques maisons qui tiennent encore debout ». Abner Verville, directeur de la mairie de Randel, poursuit : « Le choléra fait rage dans le quartier de Randel. Il y a plus de 1 600 blessés suite au passage de l’ouragan Matthew, et aucun centre de santé pouvant les accueillir. Ils doivent se rendre dans la commune des Cayes pour recevoir des soins. Dans notre commune, les trois priorités sont la santé, la nourriture et le logement ».

Handicap International donne également des premiers soins de réadaptation aux personnes blessées et handicapées, distribue des aides à la marche et identifie les plus vulnérables qui ont besoin d’un soutien spécifique. Une seconde équipe mobile est en cours de constitution et renforcera le dispositif très rapidement.

Handicap International planifie également la distribution de kits de réparation (contenant une boite à outils, des cordes, des fixations, des bâches… pour réparer les maisons.), afin que les habitants puissent se loger et retrouver des conditions de vie convenables.

 

Le village des Abricots dévasté après le passage de l’ouragan Matthew

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  • Témoignage de Marie-Madeleine Girodias, Présidente de VSF, en mission sur place pendant le cyclone (mail du 13/10/2016) :
La maison où était hébergée Marie-Madeleine

Maison de Mika

Je passe par un ami puisqu’ ici nous sommes isolés depuis le passage de cet ouragan dévastateur qui a duré 12 heures. Alors qu’après 4 heures de cauchemar nous pensions revivre normalement (façon de parler vu les dégâts : les écoles détruites, les panneaux solaires si précieux par terre, etc.). Bien qu’heureusement la veille, le maire avait demandé à la population de quitter leurs habitations pour monter afin d’éviter d’être noyés, ces  familles qui commençaient à redescendre, par  des chemins rendus dangereux par la chute des arbres, nous avons eu droit à ce qu’il y a de pire, le retour de l’ouragan. Nous étions dans « l’œil » avec les vents  tournant dans l’autre sens  : 240 km /h !  Causant encore plus de dégâts notamment dans les locaux d’accueil obligeant les sinistrés à fuir vers d’autres points d’accueil sous une pluie intense et un vent à plus de 240km/h . En tant que témoins directes, nous étions « privilégiés ,» mais je peux vous assurer que ce sont des heures très longues, épouvantables.  Nous nous tenions dans le seul coin du salon qui  recevait  moins de pluie mais suffisamment pour nous faire greloter de froid tout en comptant les heures. La maison de Mica, du moins les murs, a résisté mais sa forêt n’existe plus .Plantée il y a 41 ans dès son arrivée aux Abricots avec Patrick, ces grands cocotiers, manguiers, orangers, arbres du voyageurs, etc., tous ces arbres, qui faisaient la beauté du site et la fierté de Mica, et que,  quelques jours avant j’avais pris en photos, gisent par terre . Maintenant on voit la mer sans problème. Cette mer furieuse, déchainée  avec des vagues de 10 mètres qui a détruit les maisons en bordure de mer détruisant la petite digue au passage. Un vent incroyablement violent qui s’accompagnait d’un vrai déluge, noyant les maisons et les animaux, arrachant les arbres et les cultures, emportant les toits, et la maison  de Mica n’y a pas échappé,  un cocotier tombant sur la toiture a coupé la charpente en deux sur la partie droite. Sur la gauche, alors que le toit venait d’être refait dans la semaine, il ne reste plus que quelques poutres, les gerbes de vétiver tapissent la pelouse.

 Pour les membres de VSF, je vous montrerai des photos et des petits films dès mon retour. Ce lieu paradisiaque s’est transformé en paysage apocalyptique. Une vraie catastrophe autant humaine  qu’écologique. Plus d’arbre, 3700 personnes  sur la commune des Abricots ont tout perdu et dorment dans des centres comme certaines écoles.

Nous avons un besoin urgent d’aide pour en premier acheter de quoi nourrir la population. Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle des mornes et nous craignons le pire car eux n’avaient pas de centres d’accueil, excepté deux écoles de la fondation nous a-t-on dit. Vous pouvez adresser vos dons à Vêtements sans Frontière, 320 Avenue Pierre Brossolette, 5 Résidence Anjou, 13400 Aubagne. Nous vous remercions d’avance.

  • Témoignage de David Miller, conseiller consulaire de France en Haïti depuis 2014 (cité par l’AFP) :
La baie des Abricots après Matthew

La baie des Abricots après Matthew

La baie paradisiaque des Abricots n’offre plus aujourd’hui qu’un paysage de désolation : balayé pendant des heures par les rafales de vents et les averses torrentielles de l’ouragan Matthew, ce petit village d’Haïti joue maintenant sa survie. Après avoir passé des années dans la capitale haïtienne, David Millet, 37 ans, s’est installé aux Abricots, à 17km de Jérémie, le chef lieu du département de la Grande Anse. Vivant dans une maison à quelques mètres des eaux cristallines de la mer des Caraïbes, c’est chez une amie vivant sur les hauteurs qu’il a vécu les longues heures de l’ouragan.   « Face à une telle force de la nature, on se dit qu’on est rien » raconte celui qui, en 2014, a été élu conseiller consulaire de France en Haïti.  A l’abri dans une maison solidement construite, David Millet et ses trois amis n’ont pas fermé l’œil de la nuit.  « Vers 7h du matin, les vents se sont calmés donc nous sommes sortis » se rappelle-t-il. « Tous les habitants du village étaient comme nous dans les rues et ont commencé à constater les dégâts ».  Arbres déracinés, toits de tôles arrachés, la population des Abricots était alors soulagée car la digue de 2m de haut qui entoure le village avait tenu. Mais l’ouragan Matthew n’avait pas encore fini son parcours destructeur.  – « C’était flippant, vraiment traumatisant » -« Vers 9h, le vent a repris soudainement: nous sommes remontés en catastrophe dans la maison. C’est à partir de là que ça a été le plus grave. C’était l’horreur. C’était flippant, vraiment traumatisant » raconte David sur un ton saccadé, encore sous le coup de l’émotion.  Trempés, transis de froid, lui et ses trois amis ont passé de longues heures regroupés dans un coin de la maison, frappée de plein fouet par les vents qui ont arraché une partie du toit en chaume.  Ce n’est qu’en début d’après-midi que le calme est revenu sur le petit village.  « On n’a pu que constater que tout ce qui avait tenu dans la première phase du cyclone était alors détruit. La digue a cédé, les maisons du littoral ont été ravagées, pas un arbre n’est encore debout: c’est fou car les vents ont même déraciné les cultures encore en terre » s’exclame-t-il.  Cette destruction des plantations agricoles est aujourd’hui la première préoccupation pour David, qui a travaillé pendant des années à Port-au-Prince pour l’ONG Agronomes et Vétérinaires sans Frontières.  « Aujourd’hui, il y a foison de bananes, d’avocats car les habitants ont ramassé tous les fruits des arbres abattus. Les gens rigolent même d’avoir trop de viande car tout le bétail a été tué et il faut le manger », s’amuse aussi David qui reste admiratif devant la solidarité et la prudence des habitants qui s’étaient presque tous réfugiés dans des bâtiments solides, avant l’arrivée du cyclone.  « Le problème c’est que le stock qu’on a aujourd’hui ne représente que 10 à 15 jours de nourriture. Après, il n’y aura plus rien aux Abricots! Il va falloir trouver rapidement une autre activité aux paysans du village pour qu’ils survivent », alerte David, déjà occupé à trouver les ressources pour organiser une cantine communautaire.  Agence France-Presse

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